Le fiasco du fork BIP-110 illustre à quel point il serait difficile de relancer aujourd’hui un Bitcoin (BTC) dans des conditions comparables à celles de 2009, estime Giacomo Zucco, de Plan B Network.
Points clés :
- Les nœuds BIP-110 se sont séparés du réseau Bitcoin et n’ont produit qu’une poignée de blocs, le fork peinant à se maintenir.
- Zucco juge qu’un lancement « à la Bitcoin » vraiment équitable serait bien plus ardu aujourd’hui, tandis que l’éviction de Luke Dashjr de son rôle d’éditeur de BIP risque d’alimenter les accusations de centralisation.
Échec du fork Bitcoin
Zucco explique que BIP-110 est devenu un cas « pédagogique » des obstacles auxquels se heurterait aujourd’hui un nouveau réseau. La proposition, soutenue par le développeur historique Luke Dashjr, visait à modifier le consensus pour limiter des activités que ses partisans considéraient comme du spam.
Les nœuds exécutant BIP-110 se sont détachés du réseau principal Bitcoin durant le week-end, avec seulement une fraction marginale de la puissance de hachage.
La chaîne dissidente s’est retrouvée bloquée après deux blocs, avant d’en atteindre quatre au moment de l’entretien avec Zucco.
Dashjr a tenté de prolonger la vie du fork en modifiant son algorithme de preuve de travail. Selon Zucco, Dashjr prévoyait d’utiliser le hash d’un futur bloc de Testnet4 pour choisir entre plusieurs algorithmes, mais des participants ont ajouté des blocs de test supplémentaires pour perturber ce mécanisme de sélection, forçant un redémarrage.
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L’alerte de Giacomo Zucco
Pour Zucco, l’épisode montre à quelle vitesse un lancement présenté comme équitable peut en réalité dépendre d’un cercle restreint de décideurs. « Tout est devenu ultra-centralisé autour de lui », résume-t-il, en soulignant que les incitations actuelles et les tentatives délibérées de sabotage rendent les conditions des débuts de Bitcoin très difficiles à reproduire.
Il estime aussi que BIP-110 mélangeait de vrais désaccords sur la notion de spam, la gouvernance de Bitcoin Core et le rôle respectif des nœuds et des mineurs, avec une « panique morale » autour de la présence potentielle de contenus illégaux on-chain qui ferait peser un risque juridique sur les exploitants de nœuds. Cette urgence perçue, avance-t-il, a transformé un débat technique et économique en confrontation autour d’un fork.
Le conflit s’est poursuivi après la destitution de Dashjr de son poste d’éditeur de BIP, à la suite d’un vote d’autres développeurs Bitcoin.
Opposé à BIP-110, Zucco a toutefois qualifié cette éviction de « mauvais choix au mauvais moment », considérant qu’elle pourrait conforter, chez les partisans du fork, l’idée que le développement de Bitcoin se serait centralisé.
Zucco oppose ce fork avorté aux premières années de Bitcoin, lorsque le réseau s’est développé à l’abri de l’attention des marchés, des gouvernements, des spéculateurs et des acteurs cherchant à perturber le processus.
Il décrit cette genèse comme la « conception immaculée » de Bitcoin et juge qu’il serait aujourd’hui « presque impossible » de recréer ces conditions.
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