La filiale de cryptomonnaies Laser Digital de Nomura a déposé cette semaine une demande de charte nationale de banque fiduciaire auprès de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC).
Le FT a rapporté ce dépôt mardi en citant des personnes proches du dossier.
L’entreprise basée en Suisse proposerait du trading au comptant d’actifs numériques sans accepter de dépôts directs. La licence de l’OCC supprime l’obligation d’obtenir des autorisations de conservation État par État et permet une exploitation au niveau fédéral.
Laser Digital devient le dernier entrant d’une vague accélérée d’entreprises crypto et de fintechs cherchant des chartes bancaires dans le cadre de l’approche réglementaire de l’administration Trump. L’entreprise a refusé de commenter la demande.
Accélération des demandes de charte bancaire
Les données de l’OCC compilées par le cabinet d’avocats Freshfields font état de 14 demandes de chartes nationales de banque fiduciaire à objet limité en 2025. Ce chiffre égale presque le total des quatre années précédentes réunies.
Le processus d’approbation en deux étapes prévoit une autorisation préliminaire en environ quatre mois, suivie d’une approbation finale une fois les exigences de capital et la crédibilité opérationnelle démontrées. La deuxième phase peut dépasser un an.
Les régulateurs de l’ère Trump se sont montrés plus enclins à accorder des approbations préliminaires que l’OCC sous Biden, qui a maintenu des critères plus stricts. De nombreux candidats sous l’administration Biden ont retiré leurs dossiers plutôt que de risquer un rejet.
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Changement de l’environnement réglementaire
World Liberty Financial (WLFI), contrôlée par la famille Trump, a déposé une demande de charte de banque fiduciaire nationale le 7 janvier. La fintech européenne Revolut prévoit de déposer une demande auprès de l’OCC après avoir abandonné ses projets d’acquisition d’un prêteur américain.
Ford et General Motors ont obtenu la semaine dernière l’agrément de la FDIC pour créer des banques donnant accès à un financement à plus faible coût que leurs filiales industrielles traditionnelles.
Le cofondateur d’Anduril, Palmer Luckey, a obtenu l’approbation de l’OCC en octobre pour une banque axée sur les actifs numériques, l’IA, la défense et les clients industriels.
Le contrôleur de l’OCC Jonathan Gould, assermenté en juillet après une nomination par Trump, supervise ce rythme accéléré d’approbations. L’OCC a accordé en décembre 2025 des chartes conditionnelles de banque fiduciaire à cinq entreprises de cryptomonnaies, dont Circle (USDC), Ripple (XRP), BitGo, Paxos et Fidelity Digital Assets.
Les retards législatifs compliquent la structure du marché
La hausse des demandes de charte bancaire intervient alors qu’une législation globale sur les cryptomonnaies se heurte à des obstacles. La commission bancaire du Sénat a reporté le 15 janvier l’examen du CLARITY Act after Coinbase withdrew support January 14.
Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a cité des dispositions limitant les actions tokenisées, élargissant l’accès du gouvernement aux données financières via la régulation de la DeFi et supprimant les programmes de récompenses sur les stablecoins. Les lobbys bancaires se sont opposés à ces récompenses sur les stablecoins, affirmant que les jetons porteurs d’intérêt menacent les bases de dépôts traditionnelles.
Les groupes bancaires traditionnels avertissent que le fait d’autoriser des taux d’intérêt plus élevés sur les jetons indexés sur le dollar que sur les comptes bancaires entraînera une fuite des dépôts et réduira la capacité de prêt.
L’impasse législative laisse la structure du marché dans l’incertitude tandis que les entreprises poursuivent l’obtention de licences bancaires fédérales.
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