Kalshi a été poursuivie dans le cadre d’un recours collectif proposé, l’accusant de refuser de payer 54 millions de dollars dus aux traders qui avaient correctement parié que le Guide suprême iranien Ali Khamenei quitterait ses fonctions avant le 1er avril 2026. Khamenei a été tué le 28 février lors de frappes aériennes conjointes américano-israéliennes.
La plateforme a invoqué une clause préexistante de « death carveout » pour annuler les paiements – une disposition que les plaignants affirment ne pas avoir été suffisamment divulguée avant qu’ils ne placent leurs paris.
La plainte, déposée devant le tribunal de district des États‑Unis pour le district central de Californie sous le nom Risch v. KalshiEX LLC (No. 2:26-cv-02390), affirme que le libellé du marché était « clair, non ambigu et binaire ».
Des avocats du cabinet Novian & Novian LLP représentent les plaignants Adam Risch et Yonatan Gliksman, qui réclament des dommages‑intérêts, la restitution des profits et une mise à jour des obligations d’information.
Ce qui s’est passé
Les règles du marché de Kalshi prévoyaient que si Khamenei mourait, le contrat serait réglé au dernier prix négocié avant sa mort – et non au paiement intégral.
La poursuite affirme que la plateforme a continué à attirer des traders vers des positions « yes » alors que les rapports de frappes militaires se multipliaient le 28 février, tout en sachant qu’elle ne verserait pas les gains.
Le PDG de Kalshi, Tarek Mansour, a défendu la politique, déclarant que l’entreprise n’offre pas de marchés « directement liés à la mort », car cela pourrait créer des incitations à nuire à des personnalités publiques.
Après la montée des critiques, Kalshi a annoncé qu’elle rembourserait, sur ses propres fonds, tous les frais et les pertes nettes de trading. La cofondatrice Luana Lopes Lara a affirmé que tous les utilisateurs avaient été « entièrement compensés ». Cette présentation est contestée : Kalshi a couvert les pertes sur les mauvais trades et les frais – mais pas la totalité des gains théoriques sur les positions gagnantes « yes », qui sont précisément ce que le recours cherche à récupérer.
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Pourquoi c’est important
L’affaire met en lumière une ambiguïté structurelle des marchés de prédiction régulés : lorsqu’un contrat porte sur un résultat politique et que la mort est la voie la plus probable vers ce résultat, une clause de « death carveout » constitue‑t‑elle une condition importante cachée ?
Le sénateur Chris Murphy (D‑Conn.) a déclaré qu’il préparerait un projet de loi pour interdire les paris liés aux actions gouvernementales, invoquant le risque d’incitation à l’assassinat.
Par ailleurs, la plateforme rivale Polymarket a fait l’objet d’un examen au Congrès la même semaine concernant des allégations de délit d’initié lié aux frappes en Iran.
Kalshi comptait parmi les principaux bénéficiaires de l’ouverture réglementaire américaine de 2024 pour les marchés de prédiction. Cette poursuite, déposée moins d’une semaine après la mort de Khamenei, met à l’épreuve la question de savoir si ce statut réglementaire s’étend à l’absorption des conséquences de la volatilité géopolitique que la plateforme a activement mise en avant auprès de ses utilisateurs.
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