La Banque d’Angleterre (BoE) a indiqué qu’elle est prête à revoir des éléments clés de son projet de cadre réglementaire pour les stablecoins — y compris les plafonds de détention controversés et les exigences de couverture par les réserves — après des critiques soutenues de parlementaires britanniques, de dirigeants du secteur et de groupes de défense de la crypto.
Ce qui s’est passé : la BoE assouplit sa position
La vice-gouverneure de la BoE, Sarah Breeden, a déclaré devant la commission de régulation des services financiers de la Chambre des lords mercredi qu’elle était « sincèrement ouverte » à la révision des propositions publiées pour consultation publique fin 2025.
Les règles contestées plafonneraient les avoirs individuels en stablecoins entre 10 000 £ et 20 000 £ et les avoirs des entreprises à 10 millions de livres, tout en exigeant que les émetteurs systémiques placent au moins 40 % de leurs réserves sous forme de dépôts non rémunérés auprès de la banque centrale.
Breeden a reconnu les difficultés techniques pour faire appliquer de tels plafonds, mais a affirmé qu’ils « sont là pour soutenir une transition ordonnée à mesure que la structure du système évolue ». Elle a également indiqué que la BoE réexaminerait si le ratio proposé de couverture des actifs de 60:40 est « excessivement prudent », tout en soutenant que cette structure reflète largement les cadres proposés aux États‑Unis et déjà adoptés dans l’Union européenne.
Cette concession fait suite à une lettre d’une coalition de parlementaires britanniques adressée à la chancelière Rachel Reeves, avertissant que ces plafonds pourraient pousser l’innovation à l’étranger, inciter les investisseurs à se tourner vers des alternatives indexées sur le dollar américain et laisser le Royaume‑Uni « isolé au niveau mondial ». Breeden a confirmé que la banque centrale publierait un projet de règles pour consultation publique en juin, les réglementations finales étant attendues d’ici la fin de l’année.
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Pourquoi c’est important : risque pour la compétitivité du Royaume‑Uni
Benoit Marzouk, directeur général de Tokenised GBP — l’émetteur de l’un des rares stablecoins indexés sur la livre actuellement disponibles — a déclaré à Bloomberg qu’il existe une fenêtre « vraiment étroite » pour bien calibrer la politique, ajoutant que le plafond de 10 millions de livres pour les entreprises est pratiquement inapplicable. Tom Rhodes, directeur juridique de Agant, une société prévoyant d’émettre un stablecoin libellé en livres, a indiqué que le suivi des détenteurs de tokens imposerait aux émetteurs « une charge administrative énorme ».
Les organisations professionnelles de la crypto au Royaume‑Uni avaient déjà qualifié la proposition de plafonds de « pas dans la mauvaise direction » et exhorté la BoE à y renoncer. Breeden a reconnu que la pression de l’industrie est « très réelle », tout en soulignant que la banque centrale n’a pas encore reçu « l’engagement constructif en faveur d’une autre manière de résoudre le problème que j’aurais espéré ».
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