La Securities and Exchange Commission des États‑Unis a, mercredi, approuvé une modification de règle permettant à Nasdaq de négocier des titres sous forme tokenisée, marquant la première fois qu’une grande bourse américaine reçoit le feu vert réglementaire pour intégrer directement la technologie blockchain à son infrastructure de négociation d’actions.
L’approbation, publiée sous le numéro de communiqué SEC 34‑105047, couvre les actions de l’indice Russell 1000 ainsi que les fonds négociés en bourse répliquant les indices S&P 500 et Nasdaq‑100. Les actions tokenisées ne sont ni des produits dérivés synthétiques ni des crypto‑actifs distincts. Elles sont identiques à leurs équivalents traditionnels, portent les mêmes symboles mnémoniques, les mêmes numéros d’identification CUSIP, les mêmes droits d’actionnaire et elles se négocient sur le même carnet d’ordres.
La décision intervient après un examen réglementaire de sept mois qui a suscité à la fois un soutien enthousiaste et une opposition marquée de la part des acteurs du secteur. Nasdaq a initialement déposé sa proposition le 8 septembre 2025, l’a révisée via l’amendement n° 2 le 30 janvier 2026, et a présenté l’initiative comme conforme aux précédentes innovations de structure de marché, telles que la décimalisation et la négociation électronique.
L’approbation est étroitement liée à une lettre de non‑intervention de la SEC datée du 11 décembre 2025, qui autorise la Depository Trust Company à exploiter un programme pilote de trois ans pour la tokenisation de titres détenus en conservation. Ensemble, ces deux actions réglementaires créent l’infrastructure de base permettant la négociation d’actions natives à la blockchain au sein du système national de marché existant.
Les implications pratiques vont bien au‑delà de la technologie. L’approbation soulève des questions concrètes sur la rapidité de règlement, l’efficacité du capital, la dynamique de liquidité et la trajectoire du marché plus large des actifs tokenisés, dont la valeur on‑chain dépasse désormais 1 milliard de dollars. Cet article examine la mécanique de ce que l’approbation de Nasdaq permet réellement, ce qu’elle n’offre pas encore, et quelles pourraient être les conséquences secondaires pour la finance traditionnelle comme pour l’écosystème des cryptomonnaies.
Ce qu’est réellement une action « tokenisée »
La terminologie est importante, car le secteur des cryptomonnaies a passé des années à utiliser le mot « tokenisé » pour décrire des instruments qui ressemblent peu à ce que propose aujourd’hui Nasdaq.
Sur des plateformes offshore et des testnets permissionnés, les « actions tokenisées » ont souvent été des dérivés synthétiques, des contrats wrappers ou des certificats de dépôt qui reproduisent l’exposition à une action sous‑jacente sans conférer de véritable propriété.
Le cadre de Nasdaq est structurellement différent. En vertu de la modification de règle approuvée, un titre tokenisé doit être entièrement fongible avec son équivalent traditionnel et offrir aux détenteurs les mêmes droits et privilèges matériels, notamment la propriété du capital, les droits de vote, les droits aux dividendes et les créances sur les actifs résiduels en cas de liquidation.
L’ordonnance d’approbation de la SEC précise que si un instrument tokenisé ne confère pas ces droits en totalité ou dans une mesure substantielle, ou ne partage pas le même numéro CUSIP, Nasdaq doit le traiter comme un produit distinct, tel qu’un dérivé ou un American Depositary Receipt.
Cette distinction élimine l’ambiguïté qui a longtemps entouré les efforts antérieurs de tokenisation. Une action tokenisée d’Apple ou de Nvidia sur Nasdaq n’est pas un pari synthétique sur le cours de l’action.
C’est l’action elle‑même, inscrite sur une blockchain plutôt qu’exclusivement sur le registre centralisé traditionnel de la DTC.
Le mécanisme est optionnel au niveau de l’ordre. Lorsqu’un intervenant de marché saisit un ordre, il peut sélectionner un « drapeau de tokenisation » et spécifier un réseau blockchain et une adresse de portefeuille.
Nasdaq transmet alors cette instruction à la DTC après l’exécution de la transaction. Si la DTC ne peut pas traiter le règlement tokenisé, la transaction revient automatiquement à un règlement traditionnel par inscription en compte.
Les deux formes se négocient sur le même carnet d’ordres, au même prix, selon les mêmes règles de priorité d’exécution, avec les mêmes barèmes de frais et la même surveillance assurée par Nasdaq et la Financial Industry Regulatory Authority.
Ce que la « plomberie » change – et ce qu’elle ne change pas encore
La référence à la « plomberie » de Wall Street n’est pas métaphorique. L’infrastructure de compensation et de règlement qui traite des milliers de milliards de dollars de transactions actions chaque jour fait partie des systèmes les plus complexes et intensifs en capital de la finance mondiale.
Actuellement, les actions américaines se règlent sur une base T+1, ce qui signifie que l’échange effectif des titres et de la trésorerie intervient un jour ouvrable après l’exécution de la transaction.
Ce cycle, raccourci depuis T+2 en mai 2024, exige encore que des montants considérables de capital restent immobilisés entre‑temps. La Depository Trust and Clearing Corporation, qui exploite à la fois la DTC et la National Securities Clearing Corporation, traite la compensation et le règlement de pratiquement toutes les transactions actions américaines.
Le pilote de tokenisation de la DTC, autorisé par la lettre de non‑intervention du 11 décembre, permet aux sociétés participantes de choisir d’avoir leurs droits sur titres enregistrés sur un registre distribué plutôt qu’exclusivement sur le système centralisé de la DTC.
Le logiciel propriétaire de la DTC, appelé LedgerScan, suit tous les mouvements de tokens et tient le registre officiel de propriété. Le pilote doit être lancé au second semestre 2026, après des tests avec certains participants sélectionnés.
Une réserve essentielle s’applique, et c’est un point que les présentations les plus optimistes de cette approbation ont tendance à omettre. Dans le cadre actuel, la transaction Nasdaq elle‑même continue d’être compensée et réglée de manière conventionnelle en T+1 via les infrastructures existantes de la NSCC et de la DTC.
L’étape de tokenisation intervient après la finalisation du règlement. Comme l’a rapporté Ledger Insights, lorsqu’une personne achète une action tokenisée, le paiement et la livraison ont lieu le lendemain de manière habituelle, puis la DTC convertit le droit en forme tokenisée. Vendre une action tokenisée nécessite une reconversion en forme traditionnelle avant le règlement, qui intervient également sur une base T+1.
Un règlement instantané et atomique en T+0, dans lequel les titres et la trésorerie changent de mains simultanément on‑chain, n’est pas ce que cette approbation permet aujourd’hui.
Cela dit, l’infrastructure en cours de construction est explicitement conçue pour évoluer vers cet objectif. La DTCC a indiqué qu’elle envisage d’explorer le règlement en monnaie digitale en 2027.
Une fois l’étape de tokenisation achevée, un titre tokenisé peut être instantanément transféré entre portefeuilles enregistrés pour des usages tels que le collatéral de marge ou les opérations de pension livrée (repo).
La jambe transactionnelle sur Nasdaq reste en T+1, mais c’est dans la mobilité post‑tokenisation de l’actif que les gains immédiats d’efficacité apparaissent.
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Pourquoi commencer par le Russell 1000 et les principaux ETF
La décision de limiter le pilote aux composantes du Russell 1000 et aux ETF répliquant les indices S&P 500 et Nasdaq‑100 est délibérée et stratégique.
La lettre de non‑intervention de la DTC limite les titres éligibles aux instruments « hautement liquides », une contrainte destinée à minimiser le risque de divergence de prix, d’illiquidité ou de perturbation de marché pendant la phase pilote.
Il s’agit de certains des titres les plus activement négociés au monde, avec des carnets d’ordres profonds et une découverte continue des prix sur de multiples plateformes.
Commencer par Apple, Nvidia, Microsoft, Amazon, Meta et d’autres actions à forte capitalisation garantit que tout volume tokenisé ne représente qu’une fraction du volume quotidien total sur ces titres. Si un problème technique, une défaillance opérationnelle ou un retard de règlement survient sur la jambe tokenisée, l’écrasante majorité des échanges sur ces actions continue de se dérouler sans impact via les canaux traditionnels.
L’approche reflète le séquençage des précédents changements de structure de marché : tester l’innovation sur les actifs les plus résilients avant de l’étendre à des instruments moins liquides et plus volatils.
L’inclusion d’ETF indiciels, tels que ceux répliquant le S&P 500 et le Nasdaq‑100, ajoute une seconde dimension stratégique. Ces produits sont parmi les instruments les plus largement détenus dans la finance mondiale, utilisés par les investisseurs institutionnels, les fonds de pension et les particuliers.
Montrer que le règlement tokenisé fonctionne pour des produits de cette ampleur et de cette portée fournit une preuve de concept difficile à balayer comme étant marginale ou expérimentale. Carlton Fields, un cabinet d’avocats qui suit l’initiative, a souligné que l’approche de la DTC pourrait « dépasser une approche émetteur par émetteur », car elle peut intégrer presque toutes les actions américaines dont son mandataire, Cede & Co., est le propriétaire enregistré.
Les titres pilotes constituent un terrain d’essai, pas un plafond.
Les garde‑fous et les limitations
Les contraintes du pilote révèlent la prudence réglementaire intégrée à l’approbation. Les droits tokenisés ne procurent aucune valeur de collatéral ou de règlement pour le calcul du plafond net de débit ou du contrôle des garanties d’un participant à la DTC.
En termes pratiques, cela signifie qu’une société ne peut pas utiliser ses avoirs en actions tokenisées pour satisfaire aux exigences de capital que la DTC utilise pour gérer le risque systémique. Il s’agit d’une limitation importante, car la mobilité accrue du collatéral est l’un des principaux avantages cités par les défenseurs de la tokenisation.
Cette restriction est conçue pour garantir que ni la DTC ni ses participants ne deviennent dépendants des actifs tokénisés pour gérer les scénarios de défaut pendant la phase expérimentale du pilote.
Seuls les participants du DTC peuvent enregistrer des portefeuilles, et les jetons ne peuvent être transférés qu’entre des portefeuilles enregistrés qui ont été contrôlés pour se conformer aux exigences de l’Office of Foreign Assets Control.
Le DTC conserve des clés de dérogation, appelées « portefeuille racine » (« root wallet »), qui lui permettent d’annuler des transactions si nécessaire, notamment en cas de transferts erronés ou illégaux.
La remise de rapports trimestriels à la SEC est obligatoire et doit couvrir les indicateurs de participation, les montants tokénisés, les volumes de transfert, les blockchains utilisées ainsi que toute panne ou tout incident de système.
Le pilote arrive automatiquement à expiration trois ans après son lancement et peut être modifié ou révoqué par le personnel de la SEC à tout moment.
Au cours du processus d’approbation, plusieurs parties ont soulevé des objections. SIFMA, la principale association professionnelle du secteur des valeurs mobilières aux États-Unis, et Cboe Global Markets, l’un des plus grands opérateurs de bourses, ont mis en cause le manque de clarté entourant le rôle opérationnel du DTC.
The Digital Chamber, une organisation de politique publique spécialisée dans la blockchain, a soutenu que la SEC devait éviter de favoriser certaines entreprises ou technologies spécifiques et donner davantage de marge de manœuvre aux émetteurs. Better Markets, une organisation à but non lucratif de réforme financière, s’est opposée entièrement à la proposition, invoquant des inquiétudes concernant la divergence des prix, les lacunes en matière de surveillance et l’insécurité juridique.
La SEC a répondu à ces objections dans son ordre d’approbation, concluant que la structure satisfait aux normes de protection des investisseurs.
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Le paysage concurrentiel : le Nasdaq n’est pas seul
L’approbation obtenue par le Nasdaq ne lui confère pas de monopole sur le trading d’actions tokénisées. Intercontinental Exchange, la maison mère du New York Stock Exchange, a annoncé en février 2026 sa propre plateforme pour le trading et le règlement de valeurs mobilières tokénisées, parallèlement à un investissement stratégique dans la plateforme d’échange de cryptomonnaies OKX.
ICE a indiqué son intention de lancer des actions tokénisées et des produits à terme sur cryptomonnaies.
La course à l’intégration de l’infrastructure blockchain dans la structure traditionnelle des marchés ne relève pas d’une seule bourse. Il s’agit d’une transformation à l’échelle de l’industrie.
Le Nasdaq a également cherché à étendre sa portée au-delà des marchés domestiques. Début mars 2026, la bourse a annoncé un partenariat avec Payward, la société mère de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Kraken, afin de développer une « passerelle de transformation des actions » (« equities transformation gateway ») qui distribuerait des versions tokénisées d’actions de sociétés cotées vers les marchés internationaux via la plateforme xStocks de Kraken.
BeInCrypto a rapporté ce partenariat la semaine précédant l’approbation par la SEC, suggérant que le Nasdaq avait anticipé l’issue réglementaire et construisait déjà les canaux de distribution.
Le DTCC, pour sa part, s’est associé à Digital Asset, une entreprise d’infrastructure blockchain, pour tokéniser des titres du Trésor américain conservés par le DTC sur le Canton Network, une plateforme blockchain conçue pour des actifs réels institutionnels (« real-world assets ») de niveau institutionnel.
Winston & Strawn a documenté ce partenariat, en notant que le produit minimum viable initial vise la première moitié de 2026, avec une extension fonction de la demande des clients.
La tokénisation des titres du Trésor parallèlement aux actions suggère que la modernisation des infrastructures ne se limite pas aux actions. Les instruments à revenu fixe, qui représentent un bassin de capitaux mondiaux bien plus important, figurent sur la même feuille de route.
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Les effets d’entraînement sur le marché des cryptomonnaies
L’approbation de la SEC a des implications directes pour l’écosystème plus large de la tokénisation des actifs du monde réel. Selon les données de RWA.xyz citées par BeInCrypto, la valeur totale on-chain des actions tokénisées a atteint 1,09 milliard de dollars à la mi-mars 2026, soit une hausse de 15,1 % sur les 30 jours précédents.
Les volumes mensuels de transfert ont atteint 2,48 milliards de dollars, et le nombre de détenteurs a augmenté de 11,3 %, pour atteindre près de 197 000 adresses. Ondo Finance détient 61 % de part de marché avec 656,5 millions de dollars, tandis que xStocks en détient 24,4 % avec 262,7 millions de dollars.
Ces chiffres, bien qu’en forte croissance, restent négligeables par rapport aux quelque 126 000 milliards de dollars que représente le marché boursier mondial.
L’importance de l’approbation accordée au Nasdaq ne réside pas dans un redéploiement immédiat des capitaux institutionnels sur la blockchain. Elle tient au fait qu’elle élimine l’une des principales objections formulées par les allocataires institutionnels à l’égard des actifs tokénisés : l’incertitude réglementaire.
Une action tokénisée négociée sur le Nasdaq sous la supervision de la SEC, réglée via le DTC et surveillée par la FINRA occupe un territoire réglementaire fondamentalement différent de celui d’un dérivé d’action tokénisée négocié sur une plateforme offshore.
Steven Wu, directeur des opérations de la plateforme de tokénisation Clearpool, a déclaré à Decrypt que cette approbation « commence à rendre les actions cotées plus programmables, pas seulement plus numériques » et que « la structure du marché est déjà passée de T+3 à T+1, mais la cible finale est le T+0 et des marchés continus, 24 h/24 et 7 j/7 ».
Samar Sen, responsable des marchés internationaux au sein de la société d’actifs numériques institutionnelle Talos, a souligné que « les institutions examineront de près la manière dont les valeurs mobilières tokénisées s’intègrent à l’infrastructure post-marché, en particulier là où le règlement passe encore par des systèmes centraux de compensation et de règlement ».
Pour l’écosystème des cryptomonnaies en particulier, cette approbation valide le principe technologique selon lequel la tenue de registre basée sur la blockchain peut fonctionner au sein d’une infrastructure financière réglementée sans nécessiter de régime réglementaire distinct.
Bitcoin (BTC) et Ethereum (ETH) ne sont pas directement concernés par cette décision, mais l’acceptation plus large des rails blockchain pour le règlement d’actifs traditionnels renforce l’argument institutionnel en faveur de l’infrastructure fournie par ces réseaux.
La commissaire de la SEC Hester Peirce, qui dirige le groupe de travail de l’agence sur les cryptomonnaies, a qualifié le pilote du DTC de « pas prometteur sur la voie de la tokénisation » dans une déclaration.
Et ensuite ?
Les premières opérations réglées en jetons sur le Nasdaq pourraient avoir lieu d’ici la fin du troisième trimestre 2026, une fois que le DTC aura terminé les mises à jour nécessaires de ses systèmes et que les participants éligibles auront été intégrés.
Le Nasdaq est tenu de publier un « Equity Trader Alert » au moins 30 jours avant d’accepter des valeurs mobilières tokénisées à la négociation. Toute extension au-delà du périmètre actuel du pilote, ou toute modification de la manière dont la tokénisation est mise en œuvre, nécessitera des dépôts et approbations distincts auprès de la SEC.
De nombreuses questions restent sans réponse. Il demeure notamment incertain que les actions tokénisées et traditionnelles développent des différences de liquidité significatives, comment les courtiers-négociants géreront des inventaires en double format, et si les émetteurs chercheront ou résisteront à voir leurs actions tokénisées sans leur consentement explicite.
Le Nasdaq a lui-même reconnu dans son dépôt qu’il ne peut empêcher d’autres marchés de tokéniser indépendamment les mêmes titres, et il a encouragé la SEC à traiter cette question à mesure qu’elle élabore un cadre réglementaire plus large.
Cette approbation marque le début d’une transition d’infrastructure, non son aboutissement. L’impact pratique immédiat reste limité : le règlement demeure en T+1, les droits tokénisés ne peuvent pas servir de garantie, et le pilote ne couvre que les actifs les plus liquides.
Les implications structurelles, en revanche, vont plus loin. Si le pilote fonctionne sans incident majeur, le chemin vers l’élargissement de l’univers de titres éligibles, l’octroi d’une valeur de garantie aux avoirs tokénisés, l’introduction d’un règlement en monnaie numérique et, à terme, la mise en place d’un trading continu en T+0 devient une question d’ingénierie et de séquençage réglementaire plutôt qu’une question de principe.
La SEC a tranché la question de savoir si les actions tokénisées ont leur place sur une bourse nationale. C’est désormais au marché de déterminer si elles seront utilisées.
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