Wall Street fonctionnera entièrement sur des infrastructures blockchain d’ici 2030, selon le fondateur d’une entreprise de tokenisation basée à Barcelone, qui affirme que la technologie s’intègre discrètement à la finance du quotidien.
Points clés :
- Edwin Mata, de Brickken, s’attend à ce que la blockchain sous-tende l’ensemble de Wall Street d’ici quatre ans.
- Il affirme que les règles MiCA de l’UE excluent les petites startups de la course à la tokenisation.
- Des agents d’IA, et non des tableaux de bord gérés par des humains, décideront bientôt vers où le capital chassera le rendement.
Le PDG de Brickken prévoit des banques entièrement on‑chain
Edwin Mata, PDG et fondateur de la plateforme de tokenisation Brickken, soutient que les étiquettes sectorielles comme Web3 s’estompent à mesure que les grandes banques intègrent la blockchain dans la plomberie de routine, telle que les règlements et les paiements. Il affirme que l’écart entre Wall Street et la crypto se réduit rapidement, la blockchain se fondant dans la fintech grand public.
« La fusion entre Wall Street et la technologie va se dissiper », a déclaré Mata.
L’appétit institutionnel pour la tokenisation des actifs du monde réel ne cesse de croître, porté par de grands mouvements tels que le fonds BUIDL de BlackRock. La tendance a pris de l’ampleur lorsque Bullish a accepté de racheter Equiniti, un agent de transfert pour près de 3 000 entreprises, dans le cadre d’un accord de 4,2 milliards de dollars. Cette acquisition, dont la finalisation est prévue en janvier 2027, permettrait d’enregistrer directement la propriété des actions on‑chain au lieu de passer par des produits synthétiques.
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Mata parie sur des agents d’IA pour piloter la finance
Brickken a acheminé environ 500 millions de dollars d’actifs du monde réel on‑chain pour quelque 200 clients, et intègre désormais des agents d’IA à la plateforme pour intégrer des actifs et trouver de la liquidité. Mata s’attend à ce que de simples requêtes en langage naturel remplacent les tableaux de bord de trading utilisés aujourd’hui, les logiciels traquant les meilleurs rendements tandis que le décideur humain sera relégué au second plan.
Les règles MiCA en Europe vivement critiquées
Mata a attaqué le cadre MiCA de l’Union européenne, qu’il juge protecteur pour les banques établies grâce à des règles de conformité coûteuses et lentes. Les exigences de capital dans ce régime vont d’environ 58 000 $ pour des activités de conseil à près de 174 000 $ pour exploiter une plateforme de trading, auxquels s’ajoutent les frais juridiques et d’audit. Il a averti qu’une licence peut prendre neuf mois, durée suffisante pour couler une jeune startup avant qu’elle ne gagne le moindre centime.
Certains fondateurs pourraient simplement partir. Sa critique fait écho à l’avertissement du directeur technique de Ledger, Charles Guillemet, qui affirme que ces règles ont donné un net avantage à la finance traditionnelle par rapport aux entreprises crypto natives, poussant même des startups vers les Émirats arabes unis et l’Asie du Sud‑Est.
Les régulateurs défendent ce cadre comme un outil de protection des consommateurs, mais des mois de transactions, depuis les fonds de BlackRock jusqu’au projet de rachat d’Equiniti par Bullish, ont rapproché les marchés traditionnels des infrastructures blockchain dont Mata s’attend à ce qu’elles dominent d’ici la fin de la décennie.
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